Ce soir encore, j’ai refermé la porte derrière moi, posé les sacs, vérifié que les enfants dormaient. Et cette pensée qui revient, la même depuis des semaines, celle que je repousse toute la journée dans les couloirs de mon bureau à Saint-Priest et qui finit toujours par gagner quand la maison se tait.
Je veux qu’un homme me prenne par derrière. Profondément. Sans ménagement particulier, sans me traiter comme quelque chose de fragile. Je veux sentir cette pression-là, cette façon d’être possédée qui ne ressemble à rien d’autre, qui me vide la tête de tout le reste. La sodomie, pas effleurée, pas timide. Vraiment faite.
Je ne suis pas le genre qu’on repère. Brune, la quarantaine approchée, une vie rangée en apparence. Les gens qui me croisent voient une femme ordinaire. Ils ne voient pas ce que j’ai envie qu’on me fasse après dix-neuf heures quand la fatigue de la semaine s’accumule et que le corps réclame autre chose que du raisonnable.
Je cherche un homme qui comprend ce que c’est, ce besoin-là. Pas besoin de le nommer autrement que ce que c’est. Un plan cul salope assumé, entre adultes qui savent pourquoi ils se retrouvent. Moi j’arrive avec l’envie intacte, lui il sait quoi en faire.
Je réponds aux messages directs. Ceux qui tournent autour pendant trois paragraphes pour rien dire, j’arrête de lire au milieu.
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